Tosca

Bon, j'ai dit que ça commençait de façon "bruyante", mais ça commence simplement in medias res, avec toute la passion de la femme jalouse. Qui serait assez fou pour tromper Tosca, d'ailleurs ? Ensuite, le film joue de cette intensité avec des passages caméra à l'épaule, des passages de la version orchestrale de l'enregistrement, des extraits de films en noir et blanc.

Au final, d'abord j'ai écouté, mais peu à peu, je me suis pris au jeu des chanteurs, au mélange des images, pour finir par regarder avec joie cette magnifique adapatation. Le final tragique est étrangement sobre et parfaitement rendu : la trahison ultime de Scarpia, le dialogue des amants sur le toit et la mort de Tosca, autant d'éléments inversement proportionnels à l'intensité du moment.

Quant aux costumes, ils sont splendides : les robes de Tosca trainent et envahissent la scène, en jaune, puis en rouge écarlate, avec une cape immense qui recouvre totalement l'infâme Scarpia, son dîner, ses sous-entendus pervers et toute la grandeur qu'il croit encore avoir. Le choix du costumier de faire de Mario un chevalier portant discrètement les couleurs de sa Dame est admirable.

Le choix du plateau comme seule modalité de scène est finalement parfait, très bien amplifié par le jeu des lumières qui isole du monde d'abord les amis, puis les amants et enfin le combat politique. Hors de cet espace, il n'y a rien que le bruit et la fureur du monde en révolution (victoire/défaite de Marengo). Rien ne sort de cet espace, mais rien ne peut venir non plus perturber l'irrémédiable.

Bref, une très belle explosion lyrique !
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