Portail ABES 2.0
J'ai été amené à participer au groupe de réflexion sur l'avenir du portail de l'Abes (http://www.portail-sudoc.abes.fr), qui me plaisait bien, mais qui n'a malheureusement pas rencontré le succès escompté. Voici donc quelques pistes de réflexion personnelles et qui n'engagent que moi sur l'évolution de ce portail.
Le constat est le suivant : le portail de l'Abes est un échec. Pour diverses raisons, politiques, documentaires et techniques.
* Politiques : au moment de la mise en place du portail Abes, les échanges avec les établissements partenaires ont été réduits au minimum : il fallait que les utilisateurs passent sur le portail de l'Abes, mais il était hors de question que ce même portail vienne alimenter les portails locaux. J'en sais quelque chose, la BU de Valenciennes essayait désespérément de récupérer du contenu là-bas. En vain. [Ce paragraphe va me valoir quelques coups sur les doigts.]
* Documentaires : le choix du portail Abes a été de fournir de la documentation, y compris de la documentation déjà présente dans les établissements... je pense au cas de ScienceDirect. Sans parler de la redondance et des frais inutiles, il était ensuite impossible de valoriser un outil auprès de chercheurs qui souhaitent au contraire avoir tout dans la même interface, adaptée à leur environnement de travail (laboratoire, cours en ligne, etc.).
Le choix d'implanter un moteur de recherche multibases est intéressant mais ne permet pas de justifier l'investissement que cela représente. Voir le post sur le portail doc de Valenciennes (si j'arrive à l'écrire un jour).
* Techniques : un portail ne fonctionne vraiment que s'il propose des services personnalisés; la nécessité de passer par les correspondants Sudoc (???) pour pouvoir créer des comptes utilisateurs a dû faire fuir plus d'un chercheur.
Tout cela pour proposer les options suivantes:
1. privilégier les services aux utilisateurs : ce n'est pas au portail Abes d'acheter des bases de données chères et spécialisées, c'est aux établissements, y compris les petits comme le nôtre, puisque nous sommes les seuls à savoir ce qu'il nous faut, et pouvons négocier plus finement avec les fournisseurs. En revanche, il nous est aujourd'hui difficile de proposer des services à haute valeur ajoutée comme les outils bibliographiques de type Refworks. Pourtant, c'est un service qui intéresse tous les étudiants et tous les chercheurs. Pourquoi ne pas le confier au portail Abes qui pourrait s'appuyer sur le catalogue Sudoc et les grands réservoirs internationaux auxquels il est connecté pour gérer les références bibliographiques ?
De même, l'inscription dans ce portail doit être aussi simple que sur Europeana ou les sites web 2.0.
2. s'appuyer sur le réseau Sudoc : pour le renseignement bibliographique virtuel par exemple (Ask a Librarian), il paraît tout à fait envisageable de mettre en place un système de questions/réponses à échelle nationale, relayé par les correspondants et catalogueurs du réseau Sudoc, un peu sur le modèle de ce que met en place la Sorbonne avec l'outil QuestionPoint.
3. fournir ces outils directement aux portails locaux ou aux sites web des établissements partenaires : c'est important pour un établissement comme l'école des chartes, qui n'aura jamais les moyens de financer l'achat de tous ces outils. Certes, le portail Abes connaît une moindre fréquentation, mais les statistiques de connexions peuvent aussi comptabiliser l'usage distant des outils proposés. L'outil APE (qui sert à afficher sur un site d'établissement des ressources puisées dans le portail Abes) était une amorce de ce mouvement, mais n'allait pas assez loin.
Autrement dit, faire l'inverse ce qui a été fait la première fois... pour complêter et enrichir.
Tiens, une autre idée : devenir l'outil de moissonnage des archives institutionnelles des établisements d’enseignement supérieur... mais là, bon, je vais me faire HALlumer...