OPDS : pour trouver les livres électroniques

Ayant eu la chance de rencontrer Hadrien Gardeur de Feedbooks autour du protocole OPDS (Open Publication Distribution System), je vous fais part des réflexions actuelles autour de ce formidable outil de diffusion des catalogues de livres numériques.

OPDS est un protocole conçu au départ pour favoriser la diffusion de contenus sur les terminaux mobiles. Il est basé sur le format Atom XML, utilisé par de plus en plus de WebServices.

Né au départ d’un besoin de Lexcycle et Feedbooks, le projet a été rejoint par de nombreux acteurs de l’industrie numérique : Adobe, la Library of Congress, Internet Archive en la personne de Peter Brantley
Son fonctionnement se veut simple et ouvert, et devrait aboutir à une RFC validée par l’IETF.
En octobre 2009, les premières briques ont été présentées au public. Aujourd’hui, pour voir un catalogue OPDS en action, le meilleur moyen est de regarder ce que propose le site FeedBooks.
On pourra aussi regarder les diapositives diffusées par Internet Archive, à l’adresse suivante : http://www.slideshare.net/naypinya/web-of-books
Le BookServer développé par Internet Archive prend place dans un véritable « écosystème » du livre numérique qui devrait relier tous les types d’acteurs (éditeurs, libraires, bibliothèques, usagers finaux) et qui repose précisément sur l’adoption et la généralisation d’OPDS.

Quelques particularités techniques
Basé sur Atom, c’est un format souple et ouvert; certaines zones sont obligatoires, pour constituer un standard commun (au format Dublin Core) à tous les logiciels de lecture (entrées simples). Le format minimal peut être complété en fonction des besoins, sans garantie que les terminaux de lecture sauront les exploiter (entrées complètes).
Une balise REL permet ainsi de spécifier le type d’acquisition du document numérique, qui va de l’achat à l’accès gratuit en passant par l’abonnement ou l’emprunt. C’est donc un format exploitable par les libraires, les éditeurs, les bibliothèques.
La granularité n’est pas non plus précisée, ce qui laisse la possibilité de décrire des revues comme des livres, en allant ou non jusqu’à l’article ou jusqu’au chapitre. Liberté est laissée au responsable du catalogue.
Aucun format n’est spécifié non plus pour le document à accéder. On pourrait envisager à l’avenir que OPDS propose un catalogue spécifique en fonction du « format préféré » du terminal de lecture.

Un outil de diffusion, de navigation et de recherche
Reposant sur le principe de la découverte d’un catalogue par la saisie de l’adresse de ce catalogue (par exemple sous la forme opds://…) ou l’ajout automatique lors de la visite d’une page web diffusant un catalogue, ce protocole offre avant tout une navigation hiérarchique dans une collection d’ouvrages structurée. Compatible avec OpenSearch, c’eset aussi un outil de recherche, pourvu que le terminal de lecture le permette.

Que diffuser avec OPDS ?
Pour le moment, OPDS est davantage destiné à signaler des catalogues de ressources cohérentes, un peu moins apte à agréger des ressources hétérogènes proposées par des éditeurs différents, avec des modalités d’acquisitions différentes. Le paiement se fait en effet sur la plateforme de chaque éditeur, sans être centralisé par le protocole.

Comment utiliser OPDS ?
Un smartphone doté d’une application de lecture ePub peut aussi être doté d’un logiciel compatible avec les catalogues OPDS. C’est déjà le cas pour de nombreux téléphones équipés d’Androïd et de l’application Aldiko.
Les tablettes dédiées, si elles sont ouvertes aux ressources variées, seront à plus ou moins long terme compatibles avec les protocole OPDS, voire embarqueront des catalogues OPDS directement. En navigant dans les catalogues, l’utilisateur pourra choisir de télécharger le titre qu’il souhaite consulter en quelques secondes, dans le format qu’il souhaite.
On peut aussi imaginer une extension Firefox destinée à découvrir les catalogues OPDS pour en afficher les titre dans le navigateur. Plusieurs logiciels de lecture d’ebooks sont déjà capables d’explorer ainsi les catalogues, comme FBreader.

Synchronisation entre plusieurs terminaux
Pour assurer la synchronisation entre les nombreux terminaux de lecture qui se multiplient, le protocole prévoit l’implantation d’une bibliothèque personnelle de titres et d’abonnements, récupérable d’un terminal à l’autre.

Question subsidiaire

Quels sont les besoins et les usages français pour un format de ce type ?