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Ebooks, une chance à saisir ?Bon, je vais parler explicitement boulot, avec des propos qui n'ont rien de révolutionnaires, mais qui ne sont pas toujours partagés. Merci d'avance pour vos réactions ! Il s'agit du financement des ressources électroniques en bibliothèque, et de ce que l'arrivée des ebooks peut faire évoluer, peut-être, si on réagit vite. Depuis 1945, les éditeurs américains et internationaux gèrent les revues papier comme des valeurs boursières ; la recherche s'oriente dans telle direction ? très bien, toutes les revues du domaine prennent 15%, etc... Dans de nombreux domaines scientifiques, la quasi totalité de la recherche se fait connaître par les articles; les chercheurs sont donc tenus de lire et de publier dans ces revues. Pour les bibliothèques associées à ces recherches, cela signifie une quasi obligation d'abonnement aux revues les plus en vogue de ces disciplines, donc les plus chères. L'arrivée de l'électronique dans les années 199* et 200* n'a rien résolu, au contraire. Ce qui était perçu par les bibliothécaires comme un service supplémentaire coûteux est devenu pour les lecteurs la norme en quelques années, les chercheurs ont déserté les bibliothèques et l'accès électronique aux revues est devenu la règle. Donc, les bibliothèques se sont fait avoir : impossible de désabonner les titres, sinon les chercheurs grognent, et impossible de revenir au papier, sinon les chercheurs grognent aussi (en plus des problèmes de place et de manutention dans un contexte de suppression des postes de magasinage). Tout cela est connu des professionnels, résumé ici pour les autres. Qu'est ce qui change avec l'arrivée des ebooks (livres et contenus au format électronique) ?
L'actualité du domaine correspond assez bien à un chantier en cours de construction :
Aux acteurs des ressources électroniques de saisir cette chance, mais il va falloir faire vite : le reader (tablette de lecture d'ebooks) étant parti pour être un des cadeaux tendance de Noël 2008, les ebooks vont commencer à rentrer directement sur le marché. Bientôt, on ne pourra plus négocier ; les grands éditeurs diffuseront seulement leurs contenus sous cette forme, et les bibliothèques seront de nouveau forcées de suivre le mouvement, sans pouvoir intervenir, et surtout, sans pouvoir négocier.
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Euh..
Je crains que ce ne soit déjà trop tard, vu la réactivité que nous avons du mal à avoir collectivement ; et le fait que la plupart des collègues regardent encore les readers comme un gadget condamné à disparaître avant Pâques...
Hors cela, à quoi penses-tu quand tu écris " Aux acteurs des ressources électroniques de saisir cette chance " ?
A qui ? Ben, à nous ;-) A quoi ? A agir vite !
Individuellement, comme acheteurs de resssources électroniques, et éventuellement négociateurs; collectivement, via les consortia... mais bon, je ne suis pas encore convaincu par cette façon de fonctionner, trop fragilisée en France par les intérêts individuels divergents.
L'important étant de ne pas se laisser imposer trop de choses par les fournisseurs de "gadgets" (readers) ou de tuyaux (opérateurs téléphoniques, déjà positionnés sur le créneau) : c'est à dire les conditions tarifaires (packages, abonnements perpétuels et à vie, assortis de clauses abusives et de frais d'accès et de maintenance d'accès à la plateforme) ou techniques d'accès aux contenus (DRM, formats propriétaires). Je penche pour un genre de charte à faire signer par les éditeurs. On va y travailler au sein d'un certain consortium. On peut aussi réfléchir aux licences globales ou nationales, sur des collections d'éditeurs, sur des titres disparus (à la manière d'un certain géant américain).
D'autres pistes ?